Le génie
génétique qui conduit aux transformations génétiques s'opérant sur le
DNA, s'appuie sur un ensemble d'outils cellulaires et moléculaires
dont le clonage.
2.1.
VOIE GENE ---> PROTEINE Après isolement d'un gène précis
dans une banque de cDNA ou une banque génomique on procède
à son séquençage et son
analyse. La determination des séquences de nucléotides
se fait par les techniques de Maxam et Gilbert ou de Sanger.
Après
séquençage, on réalise la synthèse
d'un oligopeptide correspondant à une partie de la séquence
codante du gène. Cette opération est rendue possible grâce
à des appareils pouvant synthétiser des oligopeptides d'environ
30 acides aminés. Pour analyser le produit (gène), on procède
à la purification de la protéine
par chromatographie d'affinité en utilisant un anticorps monoclonal
préparé contre l'oligopeptide préalablement synthétisé
( voir schéma récapitulatif ci dessous).
2.2.
VOIE PROTEINE ---> GENE
Cette fois, la protéine est purifiée.
Néanmoins, son gène reste inconnu. La protéine sera
analysée par électrophorèse bidimensionnelle. Seuls
qeulques nanogrammes de la protéine peuvent être élués
du gel ayant servi de support d'électrophorèse. La protéine
isolée peut être séquencée grâce
à des appareils automatiques pouvant analyser jusqu'à 10 picomoles
de protéines. La séquence obtenue peut être comparée
à d'autres séquences des banques de données d'oligopéptides.
Les séquences oligonucléotidiques
correspondantes seront déterminées. Aussi, le mélange
d'oligonucléotides déduit peut être fabriqué
à l'aide de machines automatiques. Les différents oligonucléotides
sont utilisés comme sondes moléculaires pour rechercher les
séquences complémentaires dans une banque de clones de cDNA
ou de clones génomiques (
voir schéma récapitulatif ci dessous).
2.3.
OUTILS CELLULAIRES ET MOLECULAIRES DU GENIE GENETIQUE Le génie
génétique utilise des outils cellulaires et moléculaire.
I/ OUTILS CELLULAIRES. L'isolement
et l'amplification d'un gène impose son clonage et sa multiplication
dans des cellules de procaryotes (bactéries)
ou d'eucaryotes pouvant être mises en culture in vitro.
Ces cellules peuvent être réimplantées dans un embryon
ou un organisme entier. Aussi, le DNA peut être injecté dans
un oeuf qui donnera un nouvel animal une fois réimplanté
dans un individu femelle. De façon générale, l'isolement
et l'amplification d'un gène se réalisent souvent dans une
bactérie. II/ VECTEURS. Le transfert des gènes
vers d'autres organismes nécessite un vecteur
capable de se transferer dans une cellule cible et de s'autorépliquer.
Les vecteurs sont des fragments de DNA contenant une origine de réplication
(réplicon). Ils peuvent correspondre à:
1/ Episomes ou Plasmides spécifiques des bactéries.
2/ Episomes ou virus à DNA des cellules eucaryotes.
3/ Virus à RNA pouvant s'intégrer sous l'état de
DNA proviral dans le DNA des cellules eucaryotes.
4/ Bactériophages (virus des bactéries) se multipliant dans
les bactéries.
III/
ENZYMES DE SYNTHESE ET DE MODIFICATION DES ACIDES NUCLEIQUES.
Les enzymes de synthèse de DNA les plus utilisées sont les
enzymes de restrictiction (endonucléases)
reconnaissant une séquence de 4-6 paires de nucléotides
dans le DNA. Ces 'enzymes-ciseaux' peuvent couper le DNA en plusieurs
fragments de tailles différentes. Les coupures de DNA génèrent
des bouts collants (après coupures 'de travers') ou non (après
coupures franches). Des enzymes de synthèse
de DNA in vitro sont impliquées dans les grandes
opérations du génie génétique. Il s'agit d'abord
de la DNA polymerase (DNA pol. I de Kornberg) qui est capable de
synthétiser un DNA bicaténaire à partir d'un DNA
monocaténaire contenant une amorce ('primer') avec une extrémité
3'OH libre. Une deuxième enzyme; la transcriptase reverse;
capable de synthétiser du DNA à partir du RNA (DNA polymérase
RNA dépendante) est impliquée dans la fabrication d'un DNA
bicaténaire à partir d'un RNA. Le deuxième brin du
DNA est synthétisé simultanément avec l'élimination
du RNA par la ribonucléase H associée à la même
enzyme.
Les modification des acides nucléiques utilisées en génie
génétique sont de deux types; des modifications internes
au DNA et des modifications aux extrémités. Le premier type
de modifications consiste à des méthylations par des méthylases
concernant une cytosine (C) ou une adénine (A). Le deuxième
type de modifications a pour but l'addition ou l'élimination
de nucléotides aux deux extrémités du DNA. La désoxynucléotidyl
transférase terminale permet la synthèse d'une
'queue' d'oligo X aux deux extrémités 3' du DNA. La kinase
et la phosphatase
peuvent respectivement fixer ou éliminer un phosphate sur les deux
extrémités 5' d'un DNA double brin permettant ainsi aux
deux fragments de DNA d'être liés ou séparés.
Des ligases permettent de relier
les extrémités franches (ligases
du bactériophage T4)
ou les extrémités à bouts collants (ligase d'E.coli)
résultant de l'action des enzymes de restriction sur le DNA.
2.4.
TRANSFORMATION DE BACTERIES
Les transformations bactériennes peuvent être réalisées
par un DNA total bactérien, un plasmide et un bactériophage.
La transfection des bactéries par un plasmide, couramment utilisée
en génie génétique, permet le transfert des gènes
portés par le plasmide (exemple de la résistances
à des antibiotiques).
La transfection par bactériophage (virus bactérien) consiste
en une injection du DNA viral dans la bactérie où il se
réplique. Parfois, ce DNA s'intègre dans le DNA bactérien
sous forme de prophage. La bactérie porteuse du prophage (bactérie
lysogène) peut acquérir un nouveau caractère donné
par le bactériophage.
2.5.
TRANSFORMATION DES CELLULES EUCARYOTES
Les cellules eucarotes maintenues en cultures peuvent être transformées
par 4 moyens différents; addition d'un DNA porteur d'un gène,
transfection par DNA viral, transformation par fusion cellulaire et transfert
de gènes par microinjection de DNA dans un noyau cellulaire.
La
transformation de cellules eucaryotes par du
DNA consiste à cloner en présence d'un DNA
porteur d'un gène précis, des cellules obtenues à
partir de tissus permettant d'obtenir des lignées cellulaires
en culture in vitro.
La transfection de cellules eucaryotes par
du DNA viral d'origine animale ou végétale,
a
pour objectif l'augmentation de l'efficacité du transfert du
DNA dans les cellules. Le DNA viral peut s'intégrer dans le DNA
cellulaire sous forme de provirus et donne à la cellule de nouveaux
caractères, comme l'induction de tumeurs.
La transformation de cellules eucaryotes par
fusion cellulaire donnant des hybridomes (cellules hybrides),
est un autre moyen de transfert de gènes d'une cellule à
une autre. Après plusieurs générations, les cellules
hybrides peuvent perdre certaines parties du génome (chromosomes,...)
et donnent lieu à des phénotypes différents où
certains gènes peuvent être localisés sur des chromosomes
précis.
La
transformation de cellules eucaryotes par microinjection
de DNA dans le noyau cellulaire permet le
transfert de gènes qui s'intègrent de façon stable
dans le génome de cellules maintenues en culture.
2.6.
CLONAGE D'UN GENE La recombinaison in vitro d'un DNA
porteur de gènes qui seront clonés dans des cellules est
une des technologies de base du génie génétique.
Quatre étapes principales peuvent être distinguées
dans la purification d'un gène par génie génétique.
Elles concernent les sources du DNA à cloner, l'insertion du
DNA dans un vecteur, le clonage du DNA recombiné dans une cellule
en culture et l'identification du clone cellulaire ou du virus contenant
le DNA recombinant.
2.6.1. SOURCES DU
DNA SUJET AU CLONAGE DNA de synthèse chimique:
le principe consiste à relier des nucléotides d'enchaînement
connu en fixant un trinucléotide sur un support comme le sépharose
et en ajoutant d'autres trinucléotides présynthétisés.
Une fois détachée de son support, la chaîne des
désoxyribonucléotides servira de matrice pour synthétiser
le brin de DNA complémentaire. Ainsi, des DNA double brins de
plus de 50 paires de bases ont pu être synthétisés.
La synthèse chimique de DNA à cloner concerne des petits
fragments de DNA ('petits gènes')comme ceux des gènes
des neuropeptides. DNA
synthétisé à partir de RNA messager (mRNA):
un mRNA contenant le polyA ou un mRNA purifié peuvent servir
de matrice pour la synthèse de DNA par une transcriptase réverse
(DNA polymrase RNA dépendante) de virus. Cette synthèse
nécessite une amorce (primer) comme oligo dT. Le DNA obtenu correspond
à une partie du gène. Ainsi, des DNA (cDNA) de 2000 paires
de bases ont pu être synthétisés à partir
de mRNA. mRNA ne contenant pas d'introns (séquences non codantes),
le DNA lui correspondant par synthèse ne contient que des gènes
avec uniquement leurs exons (séquences codantes).
DNA
obtenu à partir du DNA génomique d'une cellule:Le
DNA génomique d'une cellule provient d'une digestion par une ou
plusieurs enzymes de restriction. Contrairement au cDNA synthétisé
à partir du mRNA, le DNA génomique peut contenir des gènes
entiers (exons + introns). La coupure du DNA par des enzymes de restriction
produit des extrémités se recombinant facilement avec d'autres
fragments de DNA comme ceux des DNA vecteurs. Atitre d'exemple, l'enzyme
de restriction EcoRI coupe le DNA d'une cellule animale en un million
de fragments de longueurs différentes (quelques dizaines à
plusieurs milliers de paires de bases).
2.6.2.
INSERTION DU DNA SUJET AU CLONAGE DANS UN VECTEUR
Le DNA synthétisé chimiquement ou à partir des mRNA
ainsi que les fragments de DNA génomique doivent être portés
par un vecteur capable de se répliquer et d'être transféré
dans une cellule. Pour assurer cette recombinaison in vitro, il
est nécessaire d'assurer une préparation préalable
du DNA à cloner et du DNA vecteur. La stratégie suivie est
leurs coupures par la même enzyme de restriction. Les extrémités
collantes des deux DNA se reconnaitront. Elles seront soudées par
une ligase. Ainsi, des molécules hybrides (vecteur + DNA à
cloner) seront reconstituées. Si cette méthode ne donne
pas de résultats satisfaisants, il faudra faire appel à
des modifications des extrémités des DNA. Ainsi, des queues
oligo dG (20 dG) et d'oligo dC (20 dC) peuvent être ajoutées
respecticement au DNA vecteur et au DNA à inserer. Par appariement
des deux séquences, le DNA à cloner sera inséré
dans le DNA vecteur. Une autre stratégie valable pour le DNA génomique
consiste à attacher au DNA à insérer un décamère
synthétique (linker) avec digestion par des enzymes de restriction
correspondant au site de coupure du DNA vecteur.
2.6.3.
CLONAGE DU DNA RECOMBINE DANS UNE CELLULE EN CULTURE Le DNA hybride recombiné et le DNA non
recombiné résultant de l'étape du clonage dans un
vecteur, seront introduits 1) soit dans des bactéries par transfert
(plasmide) ou par infection (bactériophage), 2) soit dans une cellule
eucaryote en culture par transfection ou par infection avec un virus à
DNA.
Le plasmide recombinant transféré dans les bactéries
s'autorépliquera facilement. Les colonies bactériennes le
contenant peuvent être isolées.
Quant au bactériophage recombinant, il se reproduit en lysant les
bactéries. On isolera des plages de lyse. Le DNA recombiné
peut être cloné dans une cellule en culture. La fusion cellulaire
et la précipitation des cellules avec le DNA (par utilisation du
phosphate de calcium) permettent la transfection du DNA recombinant. On
obtient des cellules transformées.
2.6.4. IDENTIFICATION
DU CLONE CELLULAIRE OU DU VIRUS CONTENANT LE DNA RECOMBINANT L'identification du clone cellulaire exige l'utilisation
de marqueurs de sélection ou de procédés d'hybridation
adaptés.
Les marqueurs de sélection sont associés au vecteur ou au
fragment de DNA à détecter.Ainsi, la résistance aux
antibiotiques liée aux gènes portés par les plasmides
bactériens est un marqueur de la présence d'un plasmide
recombinant.
L'hybridation du DNA recombinant avec un fragment de DNA ou de RNA comlémentaire
permet d'identifier le clone désiré dans
un mélange hétérogène. Le DNA des clones bactériens
est hybridé in situ avec le DNA sonde marqué radioactivement.